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Faits divers... inventés, commentés
Désormais: inutile d'acheter le journal ! Le cours de français 12.2, après de longues études et un travail acharné, est arrivé à produire ses propres faits divers - et cela même pendant une interrogation écrite ! Quelques exemples :
Elle est devenue toute grise p
Fouesnant. Une femme de 23 ans qui avait passé une journée à la piscine municipale est sortie de l'eau avec des cheveux gris à cause d'une réaction chimique.
«Je voulais seulement nager un peu... Si j'avais su que mes cheveux noirs deviendraient gris après, je ne l'aurais pas fait!» a déclaré Hélène Le Fur.
La jeune femme qui habite Fouesnant est allée à la piscine municipale pour y nager. Elle nageait comme toujours et, au début, elle n'a pas remarqué le changement de couleur de ses cheveux. Seulement quand elle s'est regardée au miroir des toilettes, elle a vu ce «gris affreux» sur sa tête. «J'ai commencé à pleurer et je suis allée directement chez le chef de la piscine», ajoute-t-elle. Celui-ci, Guillaume Flaubert, a tout de suite fermé la piscine au public pour faire examiner l'eau. Mais tout était absolument normal, il n'y avait aucun danger pour la santé des nageurs. «On n'a jamais eu un tel cas, car notre eau est toujours propre et il n'y a pas beaucoup de chlore dedans» affirmé Guillaume Flaubert. «La jeune femme a certainement utilisé une coloration quelques jours avant.»Suna
pAprès 40 ans passés sur un banc public il ne peut plus rire p
Paris. Hier, un homme sans abri a essayé de mettre fin à sa vie en se laissant tomber devant un train de banlieue, mais il a été sauvé par un jeune homme courageux.
Charles F. est un homme de 70 ans aux cheveux gris. Hier, il a essayé de se tuer lui-même : il est frustré et déspéré après 40 ans passés sur un banc public. Charles n'a jamais eu de chance dans sa vie; il est né pendant la Seconde Guerre Mondiale dans une région détruite par les batailles. Ses parents ont été tués par les Allemands, parce qu'ils étaient communistes. Les nazis ne s'intéressaient pas au destin du petit garçon, les voisins étaient collaborateurs, et toute sa famille était morte; alors Charles n'a personne. Il ne va pas à l'école et vit seul dans la maison de ses parents.
Après la guerre il vient à Paris avec l'espoir d'y trouver son bonheur, mais il ne trouve pas de travail et devient un SDF. Il vit sur un banc public au Bois de Boulogne.
Après 40 ans, il ne peut plus rire. Il est déprimé et décide de se tuer.
Il prend le reste de son argent pour s'acheter un ticket de métro; arrivé dans la banlieue, il essaie de se laisser tomber devant un train.
C'est alors qu'un jeune homme, Louis A., l'aperçoit et le sauve au dernier moment, juste devant un train qui allait l'écraser.
Le vieil homme commence à pleurer et raconte sa triste histoire. Louis a pitié de lui et offre de le loger chez lui. Maintenant, Charles a un nouvel espoir: «Louis est mon ange gardien. C'est vraiment un héros, le héros de ma vie.»MelanieAprès 40 ans, il se réveille sur un banc public Paris. Sa femme l'a retrouvé : son mari qui avait eu faim et était allé à la boulangerie du coin, il y a 40 ans. Il n'était jamais revenu. Mais la vraie raison pour quitter le domicile conjugal avait été une autre...
Jean Rigot, entre-temps âgé de 80 ans, n'était pas chez lui depuis 40 ans. Il avait vécu avec sa femme dans une petite maison à Lyon; mais il n'avait jamais été content parce qu'il avait toujours eu des disputes avec son épouse. Il avait donc décidé de fuguer, et sa femme avait pensé qu'il était seulement allé à la boulangerie pour acheter une baguette.
Après être arrivé à Paris, Jean Rigot n'avait plus d'argent et avait décidé de s'installer non loin de la Tour Eiffel. Il avait cherché un banc et s'était endormi...
Quarante ans après, sa femme visite la capitale, la Tour Eiffel est sur son programme. Mme Rigot est indignée, car elle cherche un banc pour faire une petite sieste, un banc libre qu'elle ne trouve pas; tous sont occupés par des touristes.
Tout à coup, elle voit son mari qui dort sur un banc public. Elle le reconnaît tout de suite, et l'aborde. Lui, il se réveille et crie: «Au secours, au secours, ma femme m'a retrouvé! Qu'est-ce que je peux faire, c'est une catastrophe, maintenant la tragédie va recommencer!»
Après quelques petites explications, Mme Rigot a réussi à persuader son mari : il rentre avec elle dans la petite maison de Lyon. Mais elle sait maintenant que si elle veut le garder, il faut qu'elle soit gentille avec lui.
Jean Rigot est ébahi du changement : «Elle est devenue une autre ! Maintenant, on vit ensemble sans nous disputer dans notre petite maison à Lyon !»SarahpIls sont restés enfermés des heures durant dans un train de banlieue Paris. Trois garçons ont été retrouvés dans le wagon d'un train de banlieue.
Pierre M., Robert T., et Maurice S. avaient été attaqués par quatre voyous, avaient été battus et avaient perdu conscience. Des heures après, ils se sont retrouvés au terminus de la ligne. «Il faisait froid et noir, et nous étions tout seuls», raconte Pierre, le plus jeune des trois.
Pendant toute la nuit, ils étaient enfermés dans le wagon, les portes étant fermées à clé.
Le lendemain, un contrôleur ouvre les portières et voit trois petits garçons de dix à onze ans qui sont complètement intimidés. «Ils ont quitté la wagon comme des lapins effrayés», raconte Marc Pigot.
Et ce n'est pas la fin de leur tuile : En quittant le dépot, les trois garçons tombent dans un trou qui se trouve là, entre deux rails.
«Toute la nuit, nous les avons cherchés. Quand ils sont rentrés enfin, c'était un grand soulagement pour nous», dit Mme T., la mère de Robert.MaikeComment on écrit un fait divers....
Il / elle se réveille... après avoir mangé un hamburger dans un fast-food à Marseille Ils / elles se retrouvent... après 40 ans sur un banc public Brusquement, ses cheveux sont devenus gris après avoir passé une nuit dans un établissement scolaire Il / elle ne peut plus rire après avoir été mordu(e) par un rat dans la piscine municipale Ils sont restés enfermés des heures durant après un court-circuit dans un train de banlieue Essayez, ça marche!
Bien sûr, on a aussi travaillé sérieusement. Voici l'exposé de Xenja sur les faits divers:
Maintenant, correspondant au contexte du séminaire, donc au sujet « médias », j’aimerais parler des faits divers. L’objectif de cet exposé est de trouver des réponses à la question : Pourquoi est-ce qu’on aime ce genre de textes dans les journaux ? En outre, je tâche d’expliquer la structure des faits divers et aussi donner des exemples pour montrer comment ils se présentent dans le média des journaux. Evidemment, je vais focaliser le sujet d’exposé aux médias français, bien que le fait divers soit un genre mondial.
Pour commencer, je veux vous expliquer c’est qu’est un fait divers, donc donner une définition de ce genre : D’une façon générale, les faits divers sont un genre journalistique très particulier, mais souvent sousestimé par les intellectuels à cause de ses contenus plus ou moins « légers ». Comparés aux autres rubriques des journaux qui, par exemple, parlent des problèmes essentiels du monde, les faits divers semblent moins importants.
En fait, il y a deux espèces des faits divers qui diffèrent en grade d’importance :
Premièrement, il y a le fait divers « pur et simple » qui peut être appelé « léger » à cause de ses contenus. On pourrait trouver cette espèce dans la rubrique des ainsi nommés « chats écrasés » : il s’agit d’une rubrique dans laquelle les journalistes écrivent sur des crimes, des accidents, des historiettes amusantes ou surprenantes, des histoires qui ont un happy end et ainsi de suite.
L’autre sorte des faits divers est plus « sérieuse » : Celle-ci veut révéler les problèmes d’une société à travers d’une petite histoire compréhensible. Donc, cette sorte du fait divers donne les exemples pour l’état de la société.
Comme je parlerai de la première catégorie du fait divers, j’ai choisi deux petits exemples de cette sorte. Je les ai trouvés dans l’internet, sur la site web de Yahoo France :
mercredi 4 mai 2005, 14h48Un serpent vivant dans les Corn Flakes
LONDRES (Reuters) - Un jeune Britannique a eu la désagréable surprise en préparant son petit-déjeuner de découvrir un serpent vivant d'une soixantaine de centimètres dans son paquet de céréales.
Jordan Willett, cinq ans, pensait avoir trouvé un cadeau publicitaire, quand le serpent - un serpent des blés totalement inoffensif - a commencé à onduler et à sortir du paquet de "Corned Puffs" acheté par ses parents dans un magasin Netto à Telford, dans le centre de l'Angleterre.
"Il était assez grand et a sorti sa tête du paquet", a raconté le garçon au Daily Mail. "J'avais déjà vu des serpents à la télévision, mais jamais dans un paquet de céréales."
Netto a indiqué mercredi avoir contacté ses fournisseurs afin de vérifier les stocks du produit concerné.
"Cela semble être un incident bizarre, mais nous nous en occupons sérieusement", a déclaré un responsable de la société.
Les serpents des blés, qui se nourrissent de souris et d'oiseaux, sont vendus comme animaux domestiques un peu partout dans le mondeLe plus petit chien du monde meurt de cause naturellePRAGUE (Reuters) - Le plus petit chien du monde, homologué comme tel en 1999 en vertu de sa taille de 15 cm, est décédé de cause naturelle, a estimé jeudi un tribunal tchèque.
Selon l'agence de presse CTK, le tribunal d'Olomuc, dans l'est de la Republique tchèque, a rejeté une demande de dédommagement d'un million de couronnes (33,45 millions d'euros) réclamée par le propriétaire du chihuahua, qui accusait un vétérinaire d'avoir paralysé son chien.
Le juge, citant des avis d'experts, a considéré que la mort était due à l'hydrocéphalie, malformation de naissance caractérisée par un volume élevé de liquide céphalo-rachidien.
Ondra avait été inscrit dans le Livre Guinness des Records en 1999 comme le plus petit chien du monde. Son âge était incertain.
La deuxième catégorie, donc le fait divers politique, sera présentée par Ina, parce qu’elle parlera d’un fait divers qui a eu des coséquences plus au moins politiques
Je me réfère exclusivement à la première catégorie de ces petites histoires, donc au fait divers « pur et simple » : Comme j’ai dit dans la définition, le fait divers contient toujours une histoire qui nous raconte un événement plus ou moins exceptionnel.
Vous avez vu que dans les exemples tirés de l’internet, il ne s’agit pas d’un événement d’une grande importance. Il semble plutôt qu’ils racontent une histoire simple et facile à comprendre. Peut-être que maintenant vous vous demandez : « Pourquoi est-ce que nous sommes ici alors ? Pour apprendre quelque chose d’une sorte littéraire banale et sans valeur ? »
En fait, c’est justement cette sorte littéraire qui a une grande valeur pour beaucoup de lecteurs d’un journal. La rubrique des faits divers ou des « chats écrasés », comme on les appelle, est aussi indispensable que le « Feuilleton » dans les journaux allemands. D’ailleurs, en Allemagne, le « Feuilleton », c’est la page culturelle.
– Mais pourquoi est-ce que ce genre journalistique est apprécié est tant apprécié par les lecteurs?
En effet, le fait divers satisfait un besoin inconscient de l’homme : c’est le désir des histoires. Selon le neurologue important Manfred Spitzer l’homme a besoin des histoires pour être capable de comprendre la complexité des faits. Il dit : « Geschichten treiben uns an, nicht Fakten. » - Mais pourquoi ?
Commencons par notre enfance : les parents nous ont fréquemment fait la lecture des contes de fée, la plupart du temps c’était avant de se coucher. Déjà autrefois nous avions besoin des histoires. Aujourd’hui, on va au cinéma pour regarder une histoire ou on achète un livre, peut-être un roman policier.
Mais ce qui est intéressant est le fait qu’on n’apprécie pas toutes les histoires également : il y a quelques récits que nous gardons en mémoire pour un long temps et il y a ceux que nous gommons immédiatement de la mémoire.
Ce qui est responsable de la durabilité des informations, c’est l’hippocampe : C’est une partie du cerveau qui décide si quelque chose est important ou non. Sans aucun doute, les informations qui sont racontés à travers une histoire émouvante, ce sont les informations que nous apprenons mieux et par conséquent, elles nous semblent plus importantes. On s’aperçoit donc que les émotions dans une histoire sont déterminantes pour notre fascination, ou, au moins, pour l’accueil positif.
C’est pourquoi on aime les faits divers : ils nous racontent des petites histoires pleines d’émotions pour satisfaire notre besoin. Ils excitent ou ils suscitent même les émotions du lecteur qui peuvent être très différentes : D’un côté le fait divers peut faire appel aux émotions positives, par exemple la joie, le contentement où la surprise, d’un autre côté aux émotions négatives, comme le dégoût, la tristesse et surtout la peur qui produit un frisson au lecteur.
Donc, l’émotion est ce qui compte dans une histoire – il y a presque 2400 ans que le grand philosophe grec, Aristote, le savait déjà. Pour lui, une bonne histoire, par exemple une tragédie, doit exciter « la pitié ou la terreur » comme il constate dans son traité « Poétique ». Les vieilles considérations d’Aristote sur la fable, nous aident beaucoup aujourd’hui pour comprendre un phénomène journalistique qui est essentiellement plus jeune. Car on a réalisé que le fait divers n’est rien d’autre qu’une histoire pleine d’émotions.
Selon Aristote il y a des règles déterminées pour écrire une histoire réussie :Tout d’abord, il faut définir l’étendue de l’histoire : Aristote fait une comparaison avec un animal : si un animal était très grand , notre vue serait confuse parce qu’elle ne peut pas le prendre en compte comme un tout. En conséquence, l’histoire aussi doit être « saisissable ». C’est pourquoi beaucoup de fait divers sont plutôt courts et facilement à embrasser du regard : Il est important que le lecteur voie l’histoire du début à la fin pour bien la comprendre et pour s’apercevoir de l’esssentiel. Ce qui compte encore dans une histoire, c’est la structure : selon Aristote l’histoire doit être « parfaite et entière ». Pour le philosophe, c’est le cas quand l’action dans la narration est complète, cela veut dire quand elle a une constitution déterminée où tout est nécessaire et rien n’est superflu. Pratiquement, cela se trouve dans une histoire qui a un début , un milieu et une fin :
D’abord, il faut que le récit commence à zéro. Rien ne se passe avant ce début, donc le lecteur est introduit dans un nouveau monde. Mais après ce début quelque chose doit se passer ou se produire. C’est la partie moyenne qui, en générale, contient une péripétie, donc un point tournant. Après le milieu qui probablement s’occupe d’un problème, il nous faut quelque chose de très important : c’est une fin qui donne une solution au lecteur. Le suspense développé doit être dénoué. D’ailleurs, il est important que rien ne vienne après la fin. Ici je voudrais citer Kurt Tucholsky : « Beim Happy End wird abgeblendt. »Tout cela semble banal, mais une pareille histoire « fermée » a une fonction très importante pour le lecteur : On est sécurisé, parce que d’un côté, il y a un drame, une chose insolite ou même inquiétante. Mais d’un autre, il y a (presque) toujours une fin qui nous donne une solution rassurante. Donc, après le problème on retourne à l’ordre et à la normalité. Les lecteurs sont satisfaits. - Dans leur propre vie réelle il n’y a pas d’histoires dont ils connaissent la fin, bien sûr.
Quand même, les lecteurs doivent croire les histoires racontées. C’est pourquoi le journaliste d’un fait divers veut nous convaincre de la véracité de son récit.
Evidemment, une histoire plus exceptionnelle a besoin de plus de signes qu’elle est vraie. Un journaliste peut y réussir en nous donnant beaucoup d’informations sur l’incident, par exemple l’adresse exacte et les noms des témoins. En outre, il peut utiliser des moyens plus subtils pour prouver que son histoire est véritable :
Premièrement, les faits divers correspondent souvent aux schémas psychologiques : L’auteur prend les idées pour ses articles des têtes des hommes : par exemple, ce sont les traumatismes qui sont partagés par beaucoup de gens. Donc, l’auteur peut écrire une histoire qui reprend un vieux motif. Celui-ci fait les gens se souvenir d’une peur archétypale, par exemple la peur des araignées ou des serpents.
Il y a d’autres raisons pour lesquelles le lecteur peut croire un fait divers : les gens aiment être familiarisés avec quelque chose, on préfère souvent une chose connue, par exemple un pays de connaissance, parce que la répétition nous rassure énormément ! C’est la même chose avec les histoires : comme les enfants aiment écouter toujours un seul conte de feé, les lecteurs du journal aiment retrouver les histoires déjà vues ou entendues, par exemple les histoires qui contiennent les motifs connus des mythes, des contes de fée ou des films.
En plus, le fait divers reprend souvent un script. Pour expliquer ce mot scientifique de la psychologie il faut vous imaginer une visite au restaurant : Qu’est-ce qui se passe après qu’on est entré ? – Il y a un déroulement standard que tout le monde connaît bien : le garçon demande si on a réservé une table, il apporte la carte et ainsi de suite. Donc, il nous suffit de savoir que quelqu’un entre dans un restaurant et tout suite on sait ce qui va se passer. Accoutumés à la répétition, les gens ont besoin de retrouver un schéma cognitif qui leur donne un contexte . De cette façon, des images connues nous permettent d’interpréter une chose qui est seulement indiquée par l’auteur.Quand on regarde toute la structure d’un fait divers qui en fait n’est pas du tout banale, comme les moyens psychologiques qu’il utilise, on aperçoit que ce genre journalistque est absolument respectable : Il suit les prescriptions précises d’une histoire et il fait tout pour convaincre le lecteur de sa crédibilité.
Bref, je voudrais conclure que le fait divers est de la littérature méconnue.Xenja Bossowa