nous écrivons - wir schreiben
..

______________________________________________________________________________________________________________

Sartre en Allemagne / la mise en scène d'un classique moderne

Justus Kötting



 

Table des matières

 1. Introduction

 2. Sartre en Allemagne

 2.1. Sartre - un personnage désuni

 2.2. Comment les critiques ont réagi après la première d' «Huis clos» en Allemagne

 3. La mise en scène d'un classique moderne

 3.1 Petite information historique

 3.2 La forme

 3.3 L‘interprétation

 3.4 La mise en scène


1. Introduction
 Certainement on peut dire que Jean-Paul Sartre était un des personnages les plus intéressants du siècle dernier. Il était écrivain,
dramaturge et philosophe, mais surtout il était le fondateur le plus important de l'existentialisme français. Pendant sa vie
(1905 – 1980) il publisait beaucoup de traités philosophiques et un grand nombre de pièces de théâtre avec lesquelles il
s'élevait un monument. Presque toujours ses publications ont provoqué des controverses immenses dans la société, parce que
toutes les œuvres de Jean-Paul Sartre traitent d'un sujet très controversé: l'existence de l'homme.
Ce sujet lui offrait beaucoup de problématiques, par exemple les relations possibles entre les gens, qu'il décrivait dans sa pièce
«Huis clos», ou le racisme qui est traité dans «La putain respectueuse».
On voit facilement l'importance et l'actualité permanente de ces problématiques. A cause de cela j'aimerais bien m'occuper 
de la pièce «Huis clos» d‘une façon plus détaillée. Comme déjà dit, la pièce décrit les relations et les dépendances diaboliques
entre les gens. A mon avis c'est un sujet vraiment existentiel et donc intéressant.
Dans la première partie de mon exposé je travaille sur un sujet historique. Je m'occupe de la question comment était la relation
entre les oeuvres de Sartre et les Allemands après la seconde guerre mondiale, référé à la première d' «Huis clos» au théâtre
des «Hamburger Kammerspielen» 1949.
La deuxième partie contient quelques idées pour une mise en scène fondée sur une interprétation d' «Huis clos». 
2. Jean-Paul Sartre en Allemagne 
 2.1 Sartre - un personnage désuni
Le public était toujours désuni quand il s’agissait d'une nouvelle oeuvre de Jean-Paul Sartre. Ainsi, le premier article de la brochure,
que les «Hamburger Kammerspiele» 1949 ont publié avant la première d' «Huis clos» et «la pute respectueuse», portait le nom
«Das Für und Wider um Jean Paul Sartre». Cet article décrit très bien la dispute concernant les oeuvres de Sartre de cette
époque-là. D'un côté il y avait une forte opposition contre sa philosophie et d'autre côté beaucoup de gens lui ont réservé un
accueil triomphal, parce qu'ils étaient fascinés par son génie. Le refus venait non seulement des stricts ecclésiastiques, qui
trouvaient, que Sartre, l'athéiste et nihiliste, était dangereux, mais encore des gens orientés extrêmement à gauche. Bien que
Sartre ait remplacé les théories de Karl Marx, les communistes ont rompu avec lui, après qu’il avait critiqué les mouvements
de quelques communistes et les régimes comme par exemple l'USSR. Sur ce point-là, il y avait une relation difficile entre Sartre
et beaucoup de socialistes. On peut le voir facilement quand on lit l'extrait de l'article «Zwei Franzosen» d'Alexander Dymschitz,
qui se trouve aussi dans la brochure des «Hamburger Kammerspiele». L'article se réfère à une critique de l'écrivain
communiste en générale, que Sartre avait faite, parce qu'il n'a pas voulu tolérer que les écrivains communistes travaillaient
seulement pour leurs partis. L'article est écrit de la position communiste. Dans l'article on trouve des formules comme
«Vor uns steht ein Literat ohne Ehrgefühl, ein typischer Pasquilant» ou «Sehr primitiv und unwahrscheinlich sind die Argumente,
mit denen Satre gegen den Komunismus und die fortschrittliche demokratische Literatur polemisiert». Certainement Sartre
n'a pas polémiqué, mais il a polarisé très fortement, comme on voit par exemple dans cet article. Alors on peut comprendre
pourquoi les mots suivants d'article «Das Für und Wider um Jean-Paul Sartre» étaient si exacts: «Sartre ist wie ein Gefäß, das
die ganze Fragwürdigkeit unserer Existenz in tiefer Zeit, ihre geistlich-ethischen und politischen Strömungen in sich aufgenommen
hat». Heureusement l'intérêt et l‘enthousiasme qu’on portait à l'existentialisme «made in Paris» (die Zeit, 21/4/1949) était toujours
plus grand que le dégoût. Beaucoup de gens qui ne pensaient jamais aux problèmes philosophiques se sont tout à coup
intéressés à la philosophie de l'existence; par exemple, les jeunes étudiants étaient aussi un grand groupe de partisans de
Sartre. Une raison pour ce grand intérêt en Allemagne était vraisemblablement les expériences qu'on avait faites
pendant le système du national-socialisme, dans lequel l’individualisme n’était pas à la mode. Donc l'existentialisme, qui est
fondée sur l'individu qui décide lui-même offrait de nouvelles possibilités pour comprendre la vie. En plus il y avait une relation spéciale entre les Allemagnes et Sartre. En effet sa philosophie était influencée essentiellement
par la philosophie de Martin Heidegger et de G. W. F. Hegel et par la phénoménologie d’Edmund Husserl, qui tous trois étaient
de grands penseurs allemands et surtout Karl Marx était aussi Allemand. Pour beaucoup d'Allemands c'était une raison de
s’occuper de Sartre. C’est peut-être aussi pour cela qu’ on a dit que Sartre «die moderne Dramatik befruchtet(e) wie kaum ein Zweiter» (das
Für und Wider um Jean-Paul Sartre, 1949) aussi en Allemagne.
2.2 Comment les critiques ont réagi après la première de «l'Huis clos» en Allemagne
Avant la première d' «Huis clos» les «Hamburger Kammerspiele» avaient annoncé que la dispute sur Sartre recommencerait
encore une fois après la première d' «Huis clos». Mais comment est-ce que les critiques ont réagi vraiment?
Premièrement il faut dire que la mise en scène de Wolfgang Liebeneiner était un grand succès, de quatre critiques il n'avait pas
une qui donnait un mauvais avis sur la mise en scène.
Ce n’était pas de même avec les opinions sur Sartre et sa pièce «Huis clos». Ici on voit l'antithétique connue. Toutes les critiques
constatent que Sartre est un dramaturge extraordinaire et que «Huis Clos» est une pièce d’une grande importance. La
«Hamburger freie Presse» écrivait quand même, qu' «Huis clos» était la pièce la plus importante de Sartre. En plus on remarque
que la pièce «Huis clos» est fondée sur une «raffinierte Psychologie» (Hamburger Echo, 20/04/1949).
Mais d'autre coté les critiques ont aussi l’opinion que, Sartre est seulement «ein Dramatiker vom Verstand aber nicht vom 
Herzen», «ein verkappter Moralist» (die Zeit, 21/04,1949) et qu'il utilise beaucoup d'«anstrengende Bilder», «krasse Mittel»
(Hamburger Echo, 20/04/1949) et «einen grausamen Sadismus» (Hamburger Freie Presse, 20/04/1949) avec lequel il va
jusqu‘aux «Grenzen des Erträglichen» (Hamburger Abendblatt, 20/04/1949).
L'article du «Zeit» critique surtout que: «Huis clos  ist das Grausamste, was man bisher auf der Bühne gesehen hat» et que les 
existentialistes autour de Sartre aiment le vocabulaire du mal.
Aujourd‘hui l'existentialisme n'est plus aussi controversé qu'en 1949 mais quand on compare la situation de la société de
cette époque-là avec celle d’aujourd’hui on peut comprendre ce que la formule «Das für und wider um Jean-Paul Sartre» voulait dire.
3. La mise en scène d'un classique moderne
 3.1 Petite information historique 
Jean-Paul Sartre a écrit le drame «Huis clos» en 1943 pour trois acteurs, qui étaient ses amis. En écrivant «Huis clos» il voulait
leur donner une pièce dans laquelle ils pourraient jouer ensemble. A cette époque là, la France était encore occupée par les
Allemands. Apres l'arrestation d'une actrice, on a changé les plans pour la première mise en scène. C'était la raison pour laquelle
«Huis clos»
était présenté pour la première fois en 1944 encore pendant la seconde guerre mondiale au  théâtre du
Vieux-Colombier avec un autre groupe d’acteurs.
 3.2 La forme
 Le drame est écrit en un seul acte et partagé en cinq scènes. Mais il faut remarquer que la cinquième scène quatre cinquièmes 
de la pièce entière. 
 3.3 L‘interprétation
Dans la pièce de théâtre «Huis clos» de Jean-Paul Sartre il s'agit de deux femmes et un homme, qui se trouvent  en enfer 
après une vie douteuse. Mais ce n'est pas l'enfer classique, Sartre crée un enfer beaucoup plus terrible: Il réunit ses prisonniers
dans un salon style Second Empire dans lequel il n'y a pas de fenêtre ni de miroir, dans lequel il fait très chaud et en plus dans
lequel les habitants ne peuvent jamais fermer les yeux et où la lumière ne s’éteint jamais. Les seules choses qui existent dans
le salon, ce sont trois canapés, un bronze et une sonnette qui marche seulement de temps en temps.
Chaque caractère a une raison pour laquelle il est en enfer, mais au début personne ne veut raconter ce qu’il a vraiment fait 
dans sa vie.
Le premier prisonnier s'appelle Garcin: il dit avoir été un rédacteur pacifiste qu'on a tué parce qu'il a travaillé dans une résistance.
En réalité il a torturé sa femme et il était un déserteur qui est mort par une défaillance corporelle.
Le nom du deuxième caractère est Inès. Elle est lesbienne et elle a toujours vécu aux dépens d'autrui. Son délit était qu'elle a détruit
la vie d'une jeune femme, qui finalement s'est tuée avec Inès.
La troisième s'appelle Estelle, elle est une infanticide et elle est responsable de la mort de son amant.
A ce qu'il semble, quelque chose manque: Le tortionnaire. Mais il y en a même trois: 
Pendant la cinquième scène on peut observer comment les relations entre les trois personnages deviennent un triangle torturant.
Il n'y a plus d‘impressions de l'extérieur (il n'y a pas de fenêtre), Une situation est crée dans laquelle chacun est concentré sur l'autre.
En plus, la possibilité de se refléter ou de s'observer sans l'aide de l'autre manque (il n'a pas de miroir). Et finalement 
les trois prisonniers sont arrêtés dans un moment de la présence éternelle (Ils ne peuvent pas fermer leurs yeux). Ils ne peuvent
pas s'enfuir de leur destin. Chacun est le tortionnaire de l'autre:
Inès, la lesbienne, voudrait avoir une liaison avec Estelle, qui elle-même est dépendante de l'opinion d'un vrai homme, Garcin, 
parce qu'elle ne peut pas examiner son extérieur dans un miroir. Pourtant Garcin a besoin d'Inès, parce qu'elle a l'intelligence et
l'entendement avec lesquels Garcin peut se refléter. Toujours, quand deux travaillent ensemble, le troisième se trouve dans l'enfer.
A la fin, les trois reconnaissent le malheur de leur existence et Garcin formule la phrase la plus connue d' «Huis clos»: «L'enfer,
c'est les autres».
On peut construire une interprétation complète à l'aide de cette phrase. Sartre ne voulait pas dire que toutes les relations entre les
gens sont empoisonnées, il voulait dire que la dépendance des jugements des autres est l'enfer veritable. On se trouve toujours
en enfer, dans la dépendance totale quand on se définit seulement par le jugement des autres. Donc l'enfer de Sartre se ne
trouve pas dans l'au-delà, mais en vérité cet enfer existe au monde terrestre et chacun décide lui-même s'il se rend en
enfer.
 3.4 La mise en scène 
 A mon avis l'objet de la mise en scène devrait être une interprétation spatiale de la pièce relativement à la phrase «l'enfer c'est les
autres».
De cette façon je m'intéresse à deux questions: 
Comment est-ce que les relations entre les gens peuvent devenir des dépendances? 
Et comment est-ce que ces dépendances se développent?
On peut donner une réponse provisoire seulement quand le triangle de dépendances entre Garcin, Inès et Estelle est clairement 
montré et souligné par la mise en scène.
triangle

Les décors jouent un rôle essentiel:
Il faut un enfer abstrait et simple pour ne pas détourner les spectateurs trop du triangle des relations et pour créer une ambiance
tendue pour les  spectateurs et aussi pour les acteurs. Je pense que ces idées pour les décors ont la fonction voulue:
 1. La scène est un carré et les spectateurs se mettent autour de ce carré au même niveau. La scène est délimitée par beaucoup 
de tapis par terre. A cause de la géométrie, les acteurs peuvent jouer les petits monologues, dans lesquels ils voient ce qui se
passe après leur mort, en face des spectateurs. Ça veut dire qu'ils voient ce qui se passe en regardant les spectateurs en dehors
de la scène comme s’ils regardaient une vraie image. En plus, on pourrait dire que les vivants encerclent les trois morts.
 2. Au milieu de la scène il se trouve une table en verre avec une petite cloche à la place d'une sonnette. Quand un acteur la 
prend pour sonner et que la cloche fait un bruit, que rien ne se passe, ça donne une image très désespérante.
 3. A la place des canapés il y a trois tabourets pareils et aussi de la même couleur dans trois coins de la scène. De cette manière
la discussion dans la quatrième scène entre Estelle et les autres, quel tabouret lui plaît mieux, gagne en absurdité intéressante.
Mais alors, il faudra aussi adapter le texte de la quatrième scène.
4. Au quatrième coin on voit une sculpture très bizarre et un peu morbide, qui trahit le destin des prisonniers.
5. La lumière est crue et anormale, un facteur de l'enfer en plus.
scene

La question des costumes est aussi d'une grande importance:
1. Garcin porte un pantalon vert ou marron, des bottes, une chemise blanche et au début un manteau lourd. Tous ces vêtements 
sont sales, parce que ça peut donner l’impression à quel point il est mort
2. Inès a un pantalon (par exemple des jeans) un petit peu masculin, mais pas trop. Elle porte aussi une chemise et des 
chaussures noires  simples.
3. Le costume d'Estelle devrait montrer un peu de féminité, donc elle porte une jupe avec un chemisier ou même une robe avec 
des chaussures élégantes.
Enfin je pense, que le rôle du garçon n'est pas si important parce qu'il introduit seulement les personnages. 
Alors mon idée est un garçon muet:
Au début il porte les personnages inconscients sur ses épaules à la scène il les mit met sur les tabourets et puis il pose la cloche
au milieu de la table. Après il sort. Au moment où la porte se ferme Garcin se lève. Pendant toutes ces actions on entend la
musique du requiem de Mozart qui s'arrête quand Garcin commence à jouer (à la fin, la musique commence encore
une fois). Naturellement il faut adapter le texte relativement fortement, mais c'est possible sans des problèmes.
 
J'espère que toutes mes idées sont compréhensibles et qu'on peut s‘imaginer quelques images de ma mise en scène. 
Bibliographie 
 Brunner, A., Zur Freiheit verurteilt, Hamburger Kammerspiele Heft 9, 1949, page 90-92
 Die Zeit (21/4/1949), Die Hölle und die Dirne
 Hackenesch C., Jean-Paul Sartre ein Lesebuch mit Bildern,Reinbeck bei Hamburg, Juni 2005
 Dymschitz, A. , Zwei Franzosen, Hamburger Kammerspiele Heft 9, 1949, page 88-90
 Hamburger Abendblatt (20/4/1949), Die Hölle - das sind die Anderen
 Hamburger Echo (20/4/1949), Sartre in der Unterwelt
 Hamburger Freie Presse (20/4/1949), Gnadenlose Botschaft
 sans auteur, Das Für und Wider um Jean Paul Sartre, Hamburger Kammerspiele Heft 9, 1949, page 81-82
 sans auteur, Geschlossene Gesellschaft http://www.sartre.odysseetheater.com/, 6. 1. 06
 sans auteur, Jean- Paul Sartre, http://www.sartre.odysseetheater.com/, 6. 1. 06
...
.